Les pierres enchantées
Distinct du grand cycle des Pierres marchantes, la tradition de Plouhinec dit aussi que chaque menhir abrite une âme — quelqu’un qui s’est endormi contre la pierre il y a longtemps et n’est plus jamais reparti. Ces âmes parlent à qui sait poser la bonne question.
1 Comment poser la question
Tu vas seul au menhir au crépuscule. Tu poses ta paume contre la pierre, à hauteur de ton cœur, pas plus haut. Tu ne formules pas de question; tu poses la situation: «Pierre, j’ai à choisir entre A et B. A me semble juste mais difficile; B facile mais qui me ronge. Que dirais-tu?» Tu attends. La réponse vient sous trois formes: chaleur dans la paume (oui à A); fraîcheur (oui à B); rien (la pierre n’est pas concernée par ton choix — tu dois choisir seul). Tu remercies. Tu pars sans regarder la pierre.
2 Le notaire qui écouta
En 1894 le jeune notaire Erwann Le Coz, vingt-six ans, avait à choisir entre rester à Plouhinec (métier de père, vie modeste) ou partir pour Paris (offre lucrative d’une étude bourgeoise). Il alla au menhir au crépuscule. Il posa sa paume. Il sentit chaleur. Il rentra, refusa Paris. Trente ans plus tard il avait notarié deux mille actes pour les paysans du Morbihan. À soixante-deux ans il dit dans son testament: «Ma vie a été modeste mais juste. Je remercie le menhir d’avoir été chaud sous ma main. La pierre savait que Paris m’aurait fait riche et solitaire. Plouhinec m’a fait pauvre et entouré.»
Vie FelineKattengedrag en vachtverzorging
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