La voûte secrète sous la cathédrale de Strasbourg
La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, haute géante gothique de l’Alsace, connaît bien des histoires merveilleuses. La plus étrange est peut-être celle de la voûte secrète sous ses fondations : un lac souterrain sur lequel un bateau peut voguer, avec des serpents et des créatures haletantes aux yeux rouges. La voûte fut murée dans les siècles passés — mais dans les nuits silencieuses on entend encore l’eau clapoter.
1 Le lac sous les pierres
Aujourd’hui encore on croit que sous la cathédrale de Strasbourg s’étend une vaste voûte qui cache un lac mystérieux. Sur ce lac, dans un bateau, on peut, par des galeries et canaux souterrains, naviguer jusqu’à l’endroit où se dresse le Fischbrunnen, la fontaine du poisson érigée en 1576.
La nuit, quand tout est silencieux, bien des bourgeois ont entendu très nettement le clapotis et le mouvement de l’eau, et les coups de rame qui poussent la barque sur le lac sombre. Sourd et creux cela résonne sous la terre, et tous ceux qui l’entendent sont saisis d’une horreur irrésistible.
2 L’entrée près du pharmacien
En face de la cathédrale, sous la maison voisine de la pharmacie « Zum Hirschen », se serait jadis trouvée une entrée à la voûte. C’était un trou sombre et inquiétant, fermé par une porte solide. Beaucoup avaient tenté de descendre par l’ouverture jusque dans la voûte et sur le lac.
Personne n’y réussit jamais. Chaque fois qu’on ouvrait la porte, des rafales terribles s’élevaient des profondeurs glacées, et dans la tempête et la fumée les flambeaux des téméraires qui voulaient descendre s’éteignaient. Aussi vaines étaient les tentatives de plonger de longues perches dans le gouffre noir, pour sonder où se tordait la caverne. Une horreur soudaine saisissait même les plus hardis.
3 Les créatures aux yeux rouges
Quand le niveau de l’Ill ou du Rhin s’élevait, les flots du lac inexploré montaient aussi en bas. Serpents, crapauds, salamandres et autres parasites — créatures étranges aux yeux rouges — rampaient alors, haletant et gluants, par le trou hors du puits souterrain. La terreur saisissait tous ceux qui se trouvaient à proximité.
Pour prévenir d’autres malheurs, on mura dès lors l’ouverture avec sa porte, et on l’enduisit de chaux. Depuis, aucun homme, même le plus hardi et le plus imaginatif, ne saurait se figurer le manège sinistre là-bas dans la voûte, encore moins en supporter la vue.
4 La légende jusqu’à aujourd’hui
Et aujourd’hui encore, quand on passe après minuit près de la cathédrale, on entend souvent — sourdement, de très loin, mais pourtant nettement audible — monter des profondeurs le clapotis et le choc des vagues, le balancement et le bercement des bateaux qui glissent sur le lac. Et parfois même les claquements de mâchoires et les halettements des créatures qui rampent là-bas.
Les cheveux se dressent devant tant d’impensable, et l’on s’empresse dans la nuit loin de cet endroit, vers le foyer chaud et sûr. La cathédrale se dresse en haut, haute et silencieuse, mais sous ses fondations — ainsi le dit la vieille Alsace — clapote toujours l’eau noire, portant sa barque et ses habitants aux yeux rouges.
Vie FelineKattengedrag en vachtverzorging
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